Olivier Bourdeaut nous parle de l'adaptation BD d'En attendant Bojangles

 

Évidemment, lorsqu’au fond de mon lit la nuit je fumais des cigarettes en construisant les journées de mes personnages de songe pour les déguiser en gens de papier, j’étais loin de m’imaginer que leur destin délirant se transformerait en réalité plus délirante encore. Voir mon roman édité relevait déjà d’un fantasme difficilement accessible. C’est ce fantasme qui me bottait le train chaque matin pour me jeter hors du lit à cinq heures et demie. Désormais, j’ai le luxe de pouvoir faire vivre mes personnages au gré de mes voyages dans le monde entier. Désormais, j’ai la chance d’avoir des partenaires qui animent les faits et gestes de Georges, Georgette, leur fils, l’Ordure et Mademoiselle Superfétatoire. Les voici en chair et en os sur la scène d’un théâtre à Avignon, les voilà en traits et en poses dans la bande dessinée que vous tenez entre les mains.

 

 

Je dois me rendre à cette évidence grisante : d’autres personnes ont adopté mes personnages. Ou plutôt des artistes ont adapté mes personnages. Mon Petit Robert est très clair sur ce point : l’adaptation est l’action d’adapter ou de s’adapter ; modification qui en résulte. Tout réside dans les modifications. Et je dois à la vérité de reconnaître que cette somme de modifications m’enchante grandement et m’inquiète un peu également. Lorsque vous écrivez un roman les personnages vivent bien au-delà des mots qui les animent. Leur univers est dans votre imaginaire bien plus large que les scènes de vie que vous décrivez. C’est tout le talent de la scénariste et de la dessinatrice de s’être emparé de mon imaginaire pour le dessiner. J’ignore par quelle magie noire elles sont parvenues à le faire, et je préfère ne pas le savoir. Le résultat est là : ce qui est occulté ne manque pas, ce qui est ajouté ne jure pas, bien au contraire, cela correspond aux couleurs et aux reliefs de mon imagination. J’espère que comme moi, père inconséquent d’une famille inconsciente (ou l'inverse), vous allez apprécier le travail réjouissant de leurs nouvelles mères tutélaires que sont Ingrid Chabbert et Carole Maurel. À ces deux artistes je dis : Bravo et merci !

 

Bonne lecture.

 

Olivier Bourdeaut  

 

 

 

 

 

 

 

En attendant Bojangles

par Ingrid Chabbert et Carole Maurel,
adaptation du roman d'Olivier Bourdeaut

 

 

 

 

 

 

 

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